Les Tableaux d’une Exposition : la presse en parle !

Les sites internet Bachtrack, Musikzen, Olyrix et Classique c’est coll parlent du concert de François-Xavier Roth et Les Siècles à la Philharmonique de Paris dans la cadre de leur tournée Ravel#3 avec la nouvelle édition critique des Tableaux d’une exposition (Ravel Edition Volume 3). 


https://bachtrack.com/fr_FR/critique-roth-druet-les-siecles-ravel-philharmonie-parBais-novembre-2019

https://www.musikzen.fr/blog/1/sujet/feeries-orchestrales-de-maurice-ravel/1602?fbclid=IwAR2U3tiQ3wEaWFaXX4sAX_SqcLgEt-3q4E5DSi-TtrFj_XMxcvHeJQUXYLM

https://www.olyrix.com/articles/production/3641/kandinsky-les-tableaux-dune-exposition-philharmonie-paris-les-siecles-francois-xavier-roth-isabelle-druet-ravel-moussorgski-sheherazade-ravel-barque-ocean-concert-26-novembre-2019-article-critique-compte-rendu?fbclid=IwAR2sM1eFWLBTUUqB68kDco2Sz5ClkbLpIUBV3Zt8PTT2iL43SKV_jeWDcsE

http://www.classique-c-cool.com/critiques/le-ravel-retrouv-de-franois-xavier-roth-et-isabelle-druet-la-philharmonie?fbclid=IwAR0yFYys0Ts99Irecf9nPvp0Lm9vCoEHvf8UMPNSb9nb2qhrY3ZZYSQdt1Q


CR : Holger Talinski


Les Tableaux d’une Exposition en tournée

Les Tableaux d’une exposition, Vol. III de la Ravel Edition sont actuellement interprétés dans le cadre de la Tournée Ravel#3 par François-Xavier Roth et Les Siècles à : la Cité de la musique de Soissons (22/11), l’ Alte Oper de Frankfurt-am-Main (24/11), la Philharmonie de Paris (26/11), le Nouveau siècle de Lille (27/11) et au Théâtre de Lorient (29/11).  Les Tableaux d’une exposition seront ensuite enregistrés par François-Xavier Roth et Les Siècles pour Harmonia Mundi. 




François-Xavier Roth à propos de Ravel

Le chef d’orchestre François-Xavier Roth est à l’initiative de la nouvelle édition révisée des Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski dans l’orchestration de Maurice Ravel  dans le cadre de son cycle Ravel avec Les Siècles. Cette édition 2019 sera donné à la Philharmonie de Paris et lors d’une tournée internationale.

Le Volume III de la Ravel Edition est une commande de : Fondation Maurice Ravel, Les Siècles, du Gürzenich Orchester Köln et Melbourne Symphony Orchestra.

Cette édition sera enregistrée par Les Siècles et François-Xavier Roth dans le cadre de  leur projet Maurice Ravel pour Harmonia Mundi.  

François-Xavier Roth parle de projet Ravel :  

C’est une grande aventure qui a commencé avec notre enregistrement de Daphnis et Chloé pour Harmonia Mundi. Ce projet est né sous le prisme de notre travail sur Ballets russes, travail qui s’est développé sur plusieurs années. Dans ce cadre, il était important de donner Daphnis et Chloé, puisque c’est une commande des Ballets russes. Poursuivre l’exploration des oeuvres de Ravel était alors naturel et logique. En tant que chef français avec un orchestre français cela a encore plus de sens. Je dois vous dire que j’avais quelque peu, ces derniers temps, délaissé Ravel au bénéfice de Debussy sur lequel je m’étais concentré. Mais le travail sur Daphnis et Chloé avec des instruments d’époque a été un tel choc qu’il fallait continuer ! On dit à juste titre que Ravel est un grand inventeur de l’orchestre moderne, et revenir à ces alliages instrumentaux doux fut une grande révélation. C’est également intéressant pour le public qui découvre ces sonorités d’orchestre que Ravel avait dans l’oreille. Il peut entendre une toute autre enveloppe sonore, moins hollywoodienne et pétaradante que ce qu’on peut entendre parfois.

Retrouvez l’intégralité de cet entretien sur : https://www.crescendo-magazine.be/francois-xavier-roth-mahler-ravel-et-les-siecles/

CR : Holger Talinski


Concerto pour piano : entretien avec François Dru

François Dru, responsable éditorial de la Ravel Edition et coordinateur du Volume II de la Ravel Edition consacré au Concerto pour piano et orchestre, répond à nos questions sur la dénomination, genèse et l’importance de cette oeuvre dans son temps. 

  • Pour quelles raisons l’appellation “Concerto pour piano” est-elle définitive par rapport à celle “Concerto en sol” qui s’avère erronée ? 
  • La mention « Concerto en sol » fut très rapidement un abus de langage journalistique et une formulation maladroite. Dès le 21 janvier 1932, juste après la première, le musicologue Émile Vuillermoz utilisa cette terminologie dans sa critique publiée dans les colonnes de “Candide”. Il est donc très certainement l’initiateur de cette formule usuelle qui souhaite absolument donner une référence tonale à cette pièce concertante unique. Pourtant, le programme de la création n’indiquait pas de tonalité, Ravel ne l’a d’ailleurs jamais mentionnée sur ses manuscrits ! Le dépôt à la Sacem de l’œuvre fut toujours sans tonalité et la maison Durand a réédité à six reprises la partition sous l’unique titre voulu par Ravel : « Concerto pour piano et orchestre ». Bien sûr, pour beaucoup, c’est un simple raccourci « mnémotechnique » afin de différencier cette partition du Concerto pour la main gauche. Ravel parlait avec son humour détonnant du « Concerto à une patte » et du « Concerto à deux pattes ». Le point de discussion essentiel, en dehors de la terminologie (Mozart ne sait toujours pas qu’il a composé une Symphonie Jupiter !), est surtout de vouloir accoler un cadre tonal à cette partition. Benjamin Attahir, avec qui nous avons travaillé sur cette édition, sursaute à cette idée quand on analyse sérieusement la partition emplie de modes et de « blue note ». 

  • Est-ce que cette oeuvre est un “concerto français” ? Dans la lignée de ceux de Saint-Saëns ? 
  • François Porcile, dans le texte d’introduction général de ce nouveau volume, précise à quel point au XXe siècle  en France, l’idée d’un Concerto pour piano était obsolète et saugrenue. Il fallut attendre les années 1920 et l’émergence d’une esthétique néo-classique pour connaître de nouvelles pièces qui reprenaient la structure de la forme Concerto et l’idée d’un dialogue soliste/orchestre dans un format relativement court et pour un orchestre généralement réduit. Ravel avait déclaré que ses points de repère pour la rédaction de sa nouvelle pièce étaient Mozart et Saint-Saëns. Ce « guide de lecture » fut repris par toute la presse et figure même dans l’argument du programme de la première. D’autres entendirent J.S. Bach dans le second mouvement, je perçois surtout Gershwin et le jazz, une fête basque et des couleurs espagnoles dans les mouvements vifs ! Le concept principal à retenir est cette volonté intrinsèque de clarté et simplicité. C’est le charme et le coup de génie de cette partition qui oscille entre deux mondes, celui du « classicisme » de la musique française de Couperin à Saint-Saëns opposé aux tonitruants accents jazz dont Ravel était si friand. D’ailleurs, sur l’une des parties de violon 1 du matériel de Charles Münch qui fut mis à notre disposition, on trouve en exergue, au crayon de bois, un « Hommage à Gershwin » rédigé hâtivement par un instrumentiste…

  • Que  nous apprennent les sources sur le travail compositionnel de Ravel ?
  • Que ce fut un véritable Golgotha pour Ravel ! Il est stupéfiant de réaliser combien cette partition si évidente et fluide donna autant de difficultés à son auteur au point qu’il en perdit la santé. Il suffit de voir son visage émacié et très marqué sur les photos de la tournée de l’hiver 1932 ou de lire ses lettres à ses proches relatant son épuisement physique et nerveux… Le contexte historiographique est préalablement connu : de la commande de Koussevitzky à la première parisienne sans Ravel au piano (il abandonna deux mois avant la création !), les longs mois de procrastination, les renoncements et annulations successives. À la lecture du manuscrit orchestral, on discerne clairement des problèmes de graphie et un geste d’écriture nettement moins assuré que sur des pages manuscrites postérieures. Les têtes de notes de Ravel ne dépassaient pas le millimètre, inscrites dans une écriture hâtive et hasardeuse pour certaines notes et dont il est peu évident, sur certaines occurrences,  de devenir si elles sont sur la ligne ou interligne de la portée… Nous savons, par le timbre à date de son éditeur qui figure sur la première page du mouvement I du manuscrit et grâce à une lettre à Lucien Garban, son éditeur chez Durand, pour le prévenir de l’arrivée de son écrit, que ce mouvement fut déposé début août 1931 seulement et nous avons pu reconstituer que les autres mouvements furent composés et orchestrés en catastrophe pour la gravure de décembre 1931. Il est évident que le second mouvement qui ne porte pratiquement aucune indication d’articulations ou de phrasés de la main de l’auteur fut achevé en dernier. Lucien Garban, en doublure de Marguerite Long pour le contrôle de la partie soliste qui dû apprendre un nouveau concerto dans des délais records (en un mois et demi environ !), durent redoubler d’efforts afin de livrer une partition d’orchestre et un matériel dans des délais convenables. Ce qui, bien sûr, dans de telles conditions, déclencha des problèmes éditoriaux et autres difficultés de gravure récurrentes…


  • Comment la consultation des différentes partitions des contemporains de Ravel apporte une plus-value éditoriale  ? Est-ce qu’il y a des différences entre-elles ? 
  • En plus du manuscrit orchestral qui demeure l’unique pièce complète connue à ce jour pour cette œuvre (il ne reste que quelques pages d’esquisse préliminaire « deux pianos » ou de l’orchestration dans la Collection Taverne) et qui a pu nous faire comprendre les erreurs de gravure de la première édition ainsi que les propres erreurs ou oublis du compositeur, une épreuve de la « Réduction deux pianos » conservée pieusement par Marguerite Long est une source aussi passionnante qu’émouvante. Car on trouve sur ces pages les trois écritures de Ravel, Garban et Marguerite Long dans des corrections, ajouts, suppressions, mentions de doigtés, etc. La « grande » pianiste française qui devint la gardienne de ce temple d’Apollon transmit à ses élèves les clefs de ce Concerto et mentionna de nombreuses corrections sur leurs partitions que l’on trouve encore dans différentes collections.

    L’un des travaux essentiels fut de saisir le tournant pris par la 6ème édition Durand en 1966, publiée quelques mois après le décès de Marguerite Long et plusieurs années après celui du fidèle Garban, avec des modifications substantielles dans le texte. Et, surtout, ce qui devint aussi légendaire que l’appellation d’origine non contrôlée « sol majeur », l’apparition d’une mention d’un nombre de cordes alors que Ravel n’avait rien imposé en ce sens. Au contraire, on trouve dans le matériel « historique » conservé par l’Orchestre Lamoureux bien plus de parties que ce qui figure depuis 1966 sur cette édition ! Ce fut une longue enquête afin de saisir ce qui fut aussi une méprise ou erreur de lecture…



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