Pascal Rophé à propos de la Ravel Edition Volume 1 Bolero

Lors de ses concerts tokyoïtes avec le New Japan Philharmonic,  Pascal Rophé avait rencontré les Amis de Maurice Ravel au Japon et le très actif ravélien Mario Ishiguro à qui Pascal Rophé a accordé une interview.

Pouvez-vous nous donner vos impressions sur Ravel Edition ?

Eh bien, je trouve que cela fait 100 ans que cette musique est jouée sur des matériels qui sont bourrés de fautes. Nous, les chefs d’orchestre, nous passons notre temps à corriger les fautes, essentiellement en répétition. Et c’est, de mon point de vue inadmissible et intolérable. Les éditeurs ont des contraintes qui leur sont propres, mais pour les musiciens c’est assez agaçant de retrouver à chaque fois des matériels qui ne sont pas corrigés et où il y a toujours les fautes. Nous perdons un temps fou !

La semaine dernière, j’ai fait Concerto pour la main gauche et le Tombeau de Couperin  avec l’Orchestre philharmonique de Radio France. Nous avons joué avec un matériel qui date 1937, et sur lequel…il y a toujours les fautes. Cela donc à chaque fois que j’arrive, je dis “ah ben, non, il faut corriger, il ne faut pas un dièse ici, attention ici la partie de harpe est erronée”. C’est fatigant, on perd du temps et de l’énergie.

Donc, c’est l’intérêt de cette nouvelle édition. Il s’agit d’une association de musicologues et de chefs d’orchestres qui pratiquent ce répertoire et qui pouvaient apporter leur expertise. 

La prochaine étape sera les deux concertos pour piano où il y a beaucoup de fautes dans les parties de piano et d’orchestre.  Quand un compositeur d’aujourd’hui écrit une partition que ce soit Wolfgang Rihm ou Pascal Dusapin, les fautes sont corrigées après les premières exécutions. Ce travail n’a jamais été fait  avec Ravel.

En tant que membre du comité de lecture, quel a été votre rôle  dans l’ensemble de ce travail ?

Alors, nous avons échangé nos expériences entre chefs. Il se trouve que je connais bien Louis Langrée, nous sommes très amis, entre autre parce qu’il s’est également occupé de l’Orchestre philharmonique royal de Liège où je lui ai succédé au poste de Directeur musical. Nous avons également travaillé avec notre confrère Alain Pâris. Avec Louis, nous avions déjà souvent parlé de ces problèmes-là. Alors pour cette édition du Bolero, on a transmis à François Dru et Quentin Hindley nos expériences. Nos remarques ont été confrontées au manuscrit et aux autres sources. Nous  avons communiqué, principalement, par email car nous sommes toujours en voyage. Comme dans toutes les éditions critiques, il faut faire des choix et des arbitrages. 

Qu’est-ce qui était le plus critique de toutes ces fautes ?

Par exemple, ce qui est très important, c’est l’alternance des 2 caisses claires. Pas une seule caisse claire du début à la fin, mais deux qui alternent. C’est une grande nouveauté, mise en avant par notre édition. Il y a aussi la correction des parties de saxophones qui est importante, il y a aussi les pizzicati du début qui ne jouent pas le rythme…Ensuite, nous avons rétabli le tempo selon les souhaits de Ravel. Nous avons également apporté des corrections sur une faute très importante à la harpe que les chefs d’orchestre ne corrigent jamais… Nous avons aussi restitué des détails dans les articulations et les accents. Il y a donc pleins d’erreurs, parfois qui ne sont que des détails, mais que nous avons corrigé.

Qu’est-ce qui est l’important dans cette Ravel Edition ?

L’importance d’une édition comme celle-la, c’est de mettre à plat et de résoudre tous les problèmes, mais également de proposer aux interprètes tous les matériaux pour réfléchir vraiment à la musique. On peut ainsi comprendre comment la pièce a été écrite, comprendre qu’il y a eu deux versions (1928 et 1929), et pas une  seule version de cette oeuvre. Pour les autres volumes de la Ravel Edition, ce sera un travail de correction afin de proposer un matériel d’orchestre qui soit le meilleur possible.

Maestro, voudriez-vous diriger, un jour, le Bolero selon la Ravel Edition au Japon ?

Si un orchestre veut le faire, oui, bien sûr. Ce que serait intéressant surtout, c’est de faire la version de ballet de 1928, avec les castagnettes. Des orchestres au Japon s’intéressent au matériel, c’est très encourageant ! La prochaine fois que je ferai le Bolero avec mon Orchestre national des Pays de la Loire, je le ferai avec cette édition.

Propos recueillis à Tokyo par  Mario Ishiguro que nous remercions vivement. 

Crédits photographiques : Mario Ishiguro.  


Librairies où vous pouvez trouver Bolero

https://www.paul-beuscher.comLibrairie où vous pouvez trouver notre Ravel Edition Volume 1 Bolero

  • Belgique :

Librairie Filigranes,  Avenue des Arts 39, 1040 Bruxelles. www.filigranes.be

Librairie Tropismes,  Galerie des Princes 11, 1000 Bruxelles. www.tropismes.com

  • France :

-Lille 

Allegro Partition, 35 place Louise de Bettignies, 59800 Lille. http://librairie.allegro-partition.fr

-Lyon

Musicalame,  16 Rue Pizay, 69001 Lyon, France. http://musicalame.over-blog.fr

-Paris

Librairie Paul Beuscher, 27-29 Boulevard Beaumarchais, 75004 Paris. www.paul-beuscher.com 

Librairie Monnier, 55 rue de Rome, 75008 Paris. www.librairiemonnier.com

La Flûte de Pan,  49 Rue de Rome, 75008 Paris, France. www.laflutedepan.com

La librairie-boutique Harmonia Mundi de la Cité de la musique - Philharmonie de Paris, 221 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris, France.  

-Toulouse

Le Croque Note.  4 Rue Jean Suau, 31000 Toulouse.  http://site.croquenotes.com

  • Pays-Bas :

Toon’s.  Kleine Berg 76, 5611 JW Eindhoven. www.toonsmuziek.nl

  • Japon :

Academia music Limited. No.2 Arai Bldg., 28-21, Hongo 1-chome, Bunkyo-ku, Tokyo 113-0033. http://www.academia-music.com/





Bolero dans le Figaro

Le Figaro du mardi 20 novembre publie une pleine page sur le Bolero de Ravel. Un paragraphe est consacrée à  notre Ravel Edition Volume 1 Bolero. Les journalistes Thierry Hillériteau et Léna Lutaud écrivent : ”Les amateurs d’inédits pourront se rabattre sur la magnifique édition critique du Bolero /…/ que vient de publier XXI Music Publishing. Basée en Belgique mais menée par une équipe de musicologues et chefs d’orchestre français (dont Louis Langrée), cette dernière est à l’origine de la monumentale Ravel Edition.

http://www.lefigaro.fr/musique/2018/11/19/03006-20181119ARTFIG00206-bolero-l-impossible-note-finale.php

Using Format